Aurélie
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Nature
& artifice
Mon travail porte sur le trouble qui existe de nos jours entre nature
et artifice. Aujourd’hui, la définition même de
ce qu’est la nature, son identité, est sans cesse remise
en cause. On assiste d’une part à une disparition de
la nature due à l’extension des villes et des progrès
technologiques et d’autre part à l’apparition d’une
nouvelle nature spécifiquement adaptée à la ville
et aux technologies.
Mes installations mettent en scène de banales objets du quotidien,
tels que des jouets, des bonbons, des emballages, des désodorisants,
ainsi que des plantes achetées chez truffaut et jardiland ou
des végétaux collectés dans les interstices de
la ville, comme éléments révélateurs de
problématiques profondes.
Ils sont installés dans des situations où ils sont à
la fois en opposition et à la fois en adéquation avec
leurs environnement.
J’associe des éléments contraires, je crée
des hybrides.
Quelle
est la place de la nature dans la vie urbaine quotidienne?
L’extension
urbaine remet aujourd’hui en cause la définition même
de ce qu’est la nature, son identité. A son contact,
la nature semble en pleine mutation.
- D’une part, cette évolution de la nature urbaine s’exprime
sur nos terrasses, dans nos jardinières. On y voit des plantes
qui ont évolué de façon artificielles, en conditionnement,
qui n’ont jamais vu la lumière naturelle mais qui ont
grandi à la lumière artificielle, dopées d’engrais.
Ce sont les plantes que l’on peux acheter dans les grandes surfaces,
qui prolifèrent, tel que truffaut et jardiland.
- D’autre part il y a les mauvaises herbes, qui ont évolué
dans tout les interstices où elles peuvent s’immiscer.
Ils s’agit de touffes d’herbes, de pissenlits, d’orties
et de ronces, qui poussent à travers l’asphalte ou aux
bord des périphériques et des autoroutes.
Il se crée un nouveau paysage urbain, à mi chemin entre
désordre et contrôle, entre naturel et artificiel.
Mes installations mettent en scène des végétaux
et des animaux, comme moyen d’explorer la place de la nature
dans l’espace urbain et comme moyen d’explorer de nouveaux
formats artistiques, sous leur aspect le plus expérimental,
sous la contrainte du respect de la vie. L’objectif est d’une
part, l’observation de l’évolution de la nature
dans un tissu urbain, ses adaptations, ses débordements et
d’autre part, l’enrichissement que provoque la proximité
et l’interaction du dispositif avec les habitants.
Réalisation de graffitis végétaux, sur la façade
extérieure de la galerie olivier robert, paris (france), d’«atlantide»
dans le parc de saint cloud pour le salon «art et jardin»
(France), d’«aquapolis» dans le jardin du luxembourg
pour le sénat (france), réalisation de cabines de téléportations
pour les pigeons dans un quartier de Berlin (Allemagne), ou encore
de «jardinières à la française» dans
la cour de l’hôtel particulier de Gouin à Tours
ainsi qu’à l’ambassade de France à New York
(Etats-Unis), commande du conseil général d’Indre
et Loire, sont des exemples de réalisations d’installations
en contexte urbain.
Quel est le degrés de maîtrise de l’homme sur l’artifice?
A
force d’urbanité, l’homme à pu se croire totalement
maître de la nature. pourtant, il semble qu’à vouloir
trop la maîtriser, l’homme perd son contrôle et engendre
une nature d’une ère nouvelle.
Il donne parfois le sentiment paradoxal de perdre totalement le contrôle
de l’artifice.
L’aspect séducteur de l’artifice semble fonctionner
de paire avec son caractère destructeur.
Les engrais, les désodorisants, les colorants, sont des artifices
créés pour enjoliver ce que nous ressentons comme naturel
dans notre quotidien, mais, qui finalement, semble remettre en question
son essence même. Ils sont la cause de problèmes de pollutions
environnementales, d’intoxications alimentaires, de dangers pour
la santé...
L’utilisation dans mes installations, de la miniaturisation, de
jouets, de bonbons ou de pâte à modeler, donnent une certaine
permissivité, légèreté, indulgence face
à la violence qu’elles mettent en scène. Le ludique
devient le camouflage de faits souvent cruels.
En recherchant dans les objets leurs propres contradictions internes,
il se dégage un aspect absurde, en décalage, souvent ironique
de la réalité.
Le
fait d’exposer des objets dans des situations dans un même
temps en décalage et en adéquation avec leur milieu, pose
la question de savoir quel est la place légitime de ses objets
de consommations.
Quel est le degré d’hybridation des choses ou de la nature
qui nous entoure?
La transformation de l’essence des choses ne remet-elle pas en
cause la base même de la réalité?