Quelle est la place
de la nature dans la vie urbaine quotidienne?
L’extension
urbaine remet aujourd’hui en cause la définition même
de ce qu’est la nature, son identité. A son contact, la nature
semble en pleine mutation.
- D’une part, cette évolution de la nature urbaine s’exprime
sur nos terrasses, dans nos jardinières. On y voit des plantes
qui ont évolué de façon artificielles, en conditionnement,
qui n’ont jamais vu la lumière naturelle mais qui ont grandi
à la lumière artificielle, dopées d’engrais.
Ce sont les plantes que l’on peux acheter dans les grandes surfaces,
qui prolifèrent, tel que truffaut et jardiland.
- D’autre part il y a les mauvaises herbes, qui ont évolué
dans tout les interstices où elles peuvent s’immiscer. Ils
s’agit de touffes d’herbes, de pissenlits, d’orties
et de ronces, qui poussent à travers l’asphalte ou aux bord
des périphériques et des autoroutes.
Il se crée un nouveau paysage urbain, à mi chemin entre
désordre et contrôle, entre naturel et artificiel.
Mes installations mettent en scène des végétaux et
des animaux, comme moyen d’explorer la place de la nature dans l’espace
urbain et comme moyen d’explorer de nouveaux formats artistiques,
sous leur aspect le plus expérimental, sous la contrainte du respect
de la vie. L’objectif est d’une part, l’observation
de l’évolution de la nature dans un tissu urbain, ses adaptations,
ses débordements et d’autre part, l’enrichissement
que provoque la proximité et l’interaction du dispositif
avec les habitants.
Réalisation de graffitis végétaux, sur la façade
extérieure de la galerie olivier robert, paris (france), d’«atlantide»
dans le parc de saint cloud pour le salon «art et jardin»
(France), d’«aquapolis» dans le jardin du luxembourg
pour le sénat (france), réalisation de cabines de téléportations
pour les pigeons dans un quartier de Berlin (Allemagne), ou encore de
«jardinières à la française» dans la
cour de l’hôtel particulier de Gouin à Tours ainsi
qu’à l’ambassade de France à New York (Etats-Unis),
commande du conseil général d’Indre et Loire, sont
des exemples de réalisations d’installations en contexte
urbain.
Quel est le degrés de maîtrise de l’homme sur l’artifice?
A
force d’urbanité, l’homme à pu se croire totalement
maître de la nature. pourtant, il semble qu’à vouloir
trop la maîtriser, l’homme perd son contrôle et engendre
une nature d’une ère nouvelle.
Il donne parfois le sentiment paradoxal de perdre totalement le contrôle
de l’artifice.
L’aspect séducteur de l’artifice semble fonctionner
de paire avec son caractère destructeur.
Les engrais, les désodorisants, les colorants, sont des artifices
créés pour enjoliver ce que nous ressentons comme naturel
dans notre quotidien, mais, qui finalement, semble remettre en question
son essence même. Ils sont la cause de problèmes de pollutions
environnementales, d’intoxications alimentaires, de dangers pour
la santé...
L’utilisation dans mes installations, de la miniaturisation, de
jouets, de bonbons ou de pâte à modeler, donnent une certaine
permissivité, légèreté, indulgence face à
la violence qu’elles mettent en scène. Le ludique devient
le camouflage de faits souvent cruels.
En recherchant dans les objets leurs propres contradictions internes,
il se dégage un aspect absurde, en décalage, souvent ironique
de la réalité.
Le fait d’acheter ou de récupérer des objets et des
végétaux, dans le but de les exposer ensuite dans des situations
en décalage avec leur milieu et avec ce qu’ils représentent,
pose la question de savoir quel est la place légitime de ses objets
de consommations. Mes installations posent la question de notre degré
de conscience et d’implication face à la nature des objets,
face à notre environnement.
Quel est le degré d’hybridation des choses ou de la nature
qui nous entoure?
La transformation de l’essence des choses ne remet-elle pas en cause
la base même de la réalité?
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