WILD
Des jardinières
de géraniums en forme de graffitis sont installées sur
des balconnières.
L’intention du graffiteur est de retourner les lieux; il a la
rage.Il marque son territoire. Etre vu le plus possible. La quantité
ajoute à l’exploit de même que plus le support
est difficile d’accès ou interdit plus la prouesse est
grande.
Il bombe havoc (ravage) ou trash (déchet) ou wild (sauvage)
ou crash (éclater) ou encore push (impulsion).
Les graffitis sont un problème insoluble pour les autorités,
qui n’arrivent pas à s’en débarrasser. Ils
sont alors comme des mauvaises herbes, qui réapparaissent sans
cesse, car enracinées à la ville et à son histoire.
L’intention de celui qui dispose des jardinières à
son balcon est d’enjoliver, d’ornementer son balcon ou
sa fenêtre. Son but est d’embellir et d’enrichir
sa vue sur la ville et ainsi de s’entourer d’un peu de
verdure. Il exprime un besoin de nature. Il se préserve d’une
part un espace vert privé et d’autre part un espace d’expression
personnelle en représentation publique car exposée à
la vue de tous. Depuis son balcon il expose aux yeux des passants
son mode de vie et de pensé.
Ces graffitis
géraniums sont des objets hybrides associant deux mondes contraires
mais ayant le but commun d’exposer publiquement une esthétique
urbaine et colorée.
WILD
The intention of graffiti artists is to “subvert” places,
to “tear” walls; they are enraged. They paints their tags
everywhere possible, wanting them to be seen as much as possible.
Quantity adds to their achievement, and the more dangerous or forbidden
the site, the greater their prowess. They paint “havoc”
or “trash” or “wild” or “push”.
They mark their territory on what is considered by many to be not
theirs but public grounds.
At the same time, the intention of those who takes care of a window
box is to achieve something pretty, to ornate their balcony or their
window. Their goal is to embellish and enrich their sight of the city
and thus to be surrounded by a little greenery. They express a need
for nature. They grant themselves a small private piece of greenery
on the one hand as well as a public space for self expression, with
their boxes in full public view, on the other. From their balcony,
they present passers-by with a insight to their way of life and values.
Such ornamental choices, on a façade where all windows are
identical, differentiate them form their neighbours.
Curiously, both graffiti artists and window box owners seem to mark
their territory, although maybe in antithetical ways. Despite some
elements of differentiation, they share the fact that they are keen
on expressing themselves in the city and colouring it.